mercredi, juin 21, 2006

Scandales à la chaîne en Wallonie
socialiste:
Stop! L’argent des pauvres doit
revenir aux pauvres !

Benjamin Heine
Article écrit dans le cadre du combat de l'Association
Belge des Contribuables (ABC) pour une taxe citoyenne
20 juin 2006

A quand de véritables actions pour les plus démunis ?

La question revient perpétuellement : « Peut-on encore faire confiance au monde politique wallon ? » Ceux qui abusent du système doivent définitivement renoncer à leur mandat et être punis. A quoi sert le système politique wallon si ce n’est d’être une machine à scandales automatique ? A quand une véritable modernisation (et de longue durée) du PS et de toutes les autres formations ? A quand un changement de statut de nos « représentants » ? A quand un véritable « service » au citoyen ?

Il ne faut pas non plus jeter l’eau sale avec le bébé, certaines actions politiques restent un facteur important, de grande valeur ajoutée et certaines personnalités politiques sacrifient leurs nuits et leurs week-ends au service de la collectivité. Mais il s’agit d’une minorité de braves représentants. Tout et tous ne sont pas pourris, non, mais il est grand temps de mettre fin à ce mal belge et plus précisément ce mal wallon qui existe bel et bien et qui immobilise tous les secteurs, qu’ils soient politiques, économiques, sociaux…

C’est bien connu, la « chose publique » n’existe pas en Belgique, les partis sont depuis belle lurette des organismes à intérêts privés où les abus de pouvoirs font des ravages. La particratie est un fléau qui engendre l’autocensure de l’opposition et l’amollissement des branches judiciaires et législatives. Les échelons local et provincial sont les hauts lieux de pouvoir où l’on trouve la plus grande concentration de « professionnels » de la politique, mais ceux-ci et leurs cercles sont une force dangereuse car ils prônent l’esprit de clocher et le campanilisme. L’indépendance des fédérations mine la saine organisation des partis. Brefs, ces fédérations ne représentent pas les intérêts de la majorité des Wallons, elles engendrent des dérapages tels les cumuls de mandats (rémunérés ou non), le clientélisme, les corruptions…

Il existe une confusion persistante entre l’argent public et l’argent privé, et le PS est gangrené par ce genre de pratiques. José Happart a récemment dit : « Qui n’a jamais triché en achetant de l’essence ou des cigarettes au Luxembourg ? » Quel exemple de citoyenneté, n’est-ce pas ? Les événements récents (logements sociaux, Spa-Francorchamps…) montrent l’urgence d’une véritable rénovation et d’un assainissement du PS et des autres partis. Sans quoi, une alternative entre l’Etat et le citoyen, qui part sa contribution financière permet l’existence de l’Etat, devra s’imposer. Entendez par là une prise du pouvoir des contribuables eux-mêmes, à travers une association les représentant et défendant réellement leurs intérêts. C’est le but que s’est donné l’Association Belge des Contribuables/ De Belgische Vereniging van de Belasting Betalers.

Logements sociaux et ICDI

Les récents scandales successifs des logements sociaux et de l’ICDI (Intercommunale de Collecte et de Destruction des Immondices) illustrent les terribles défaillances d’un système politique corrompu qui lèse les plus pauvres. Les logements sociaux concernent près de 250.000 précarisés wallons. L’argent destiné à ceux-ci est détourné au profit des riches qui s’enrichissent encore davantage. A La Carolorégienne, les dérapages du PS illustrent la faillite d’un système. Le désordre avait éclaté au début du mois de septembre, avec la publication du second rapport d'audit de la Société Régionale Wallonne du Logement (SRWL, société chargée de contrôler les sociétés locales de logements) pointant des problèmes de gestion au sein de la Carolo. Quelques jours plus tard, le premier rapport, datant de 2002, était à son tour mis sur la place publique, et il soulignait, cette fois, des pratiques et des achats qui semblaient peu en rapport avec les activités de La Carolorégienne. Parmi eux, l'achat de vin, de fleurs et de cadeaux divers. Des échevins socialistes (Claude Despiegeleer, André Liesse et Serge Van Bergen) de Charleroi, une des villes les plus affaiblies de Wallonie, économiquement parlant, ont détourné l’argent de la collectivité. L'ex-échevin des Sports de Charleroi Despiegeleer, trouble personnage, en était le noyau principal. Il a été mis derrière les barreaux le 30 septembre à la prison de Jamioulx et inculpé pour faux, usage de faux, abus de biens sociaux et infraction aux lois sur la comptabilité. Dans son élan de corruption, Despiegeleer a causé la chute de Jean-Claude Van Cauwenberghe, le ministre-président wallon.
Di Rupo s’est une nouvelle fois présenté comme le sauveur de la Wallonie et comme l’exterminateur des profiteurs… (« J’en ai mââââârre des parvenus »). Mais vaut-il vraiment mieux que ses compères derrière ses apparences de chaste et vaillant messie? Le temps dira si Di Rupo est véritablement ce chevalier rouge valeureux et si ses agissements furent les bons. Mais les défavorisés ont-ils vraiment le temps ? Comme l’indiquent Philippe Engels et Isabelle Philippon du Vif/L’Epress : « L’exemple de la Carolo indique que des sociétés d’habitation sociales ont été de véritables vaches à lait pour des mandataires publics peu scrupuleux. » Il existe une véritable mécanique de la corruption au sein du PS wallon : « Un bourgmestre, un échevin ou un député permanent crée à son nom, ou à celui d’un de ses proches, une ASBL à l’objectif social aussi vague que possible. Il s’arrange pour obtenir un subside, et le tour est joué ». La Carolo n’est bien entendu pas un cas isolé, d’autres immobilières sociales ont été spoliées par leurs dirigeants. Toute la Wallonie est touchée. Les mécanismes à déplorer sont identiques.

Dans le cas de l’ICDI, de nouvelles révélations, de plus en plus graves, ont lieu chaque jour. La dernière en date est celle relevée par le journaliste Michel Bouffioux qui a enquêté sur différentes pratiques en cours ces dernières années à l’ICDI : un trafic d'amiante et des manipulations de documents concernant le tonnage des déchets auraient eu lieu. Par ailleurs, le président de l'ICDI, Lucien Cariat, actuellement incarcéré, a démissionné de ses fonctions. Le PS a pour sa part suspendu Lucien Cariat en sa qualité de membre du parti. Echevin de Charleroi, M. Cariat est inculpé de faux, usage de faux, détournement par un fonctionnaire public et abus de biens sociaux, dans la gestion de l'ICDI. Les récentes divulgations concernant l’ICDI montrent que la machine infernale liée à la toute puissance du PS n’a pas fini de faire parler d’elle. La liste des « parvenus » et de leurs déviances honteuses risque de s’allonger encore et encore.

Spa/ Francorchamps

Le Britannique Bernie Ecclestone, patron de la F1 (FOA, Formula One Administration) sera le promoteur du Grand Prix de Belgique de F1 à partir de 2007 (et probablement pour les 5 années qui suivent), alors que l'édition 2006 est annulée. Bernie Ecclestone prendra ainsi le relais de la société belge DDF1, qui s’est récemment déclaré en faillite. L’annulation du circuit 2006 a pour but de permettre l'achèvement de travaux d'amélioration des installations du circuit de Spa-Francorchamps. Mais qui pensez vous va payer pour la modernisation du circuit ? Le contribuable wallon bien sûr !

Le prix des aménagements à réaliser sur le circuit de Spa-Francorchamps s’élève à un coquet montant de 17,9 millions d'euros. Par ailleurs, l'intervention de la Région wallonne dans l’organisation du circuit est fixée, dans le contrat, à 18 millions d'euros pour 5 ans (soit 3,6 millions par an). 17,9 millions et 18 millions pour le contrat, on arrive déjà à 36 millions d’euros. Mais attention, on nous assène que c’est tout bénéfice pour le citoyen, car Francorchamps deviendra une zone d’expansion économique, un oasis de liberté, bref, un paradis de visibilité, un phare de l’Occident, un exemple de réussite mondiale !
Les vieux démons de « l’Etat PS »

Les scandales et les déboires du gouvernement wallon et du PS plus particulièrement semblent briser l’image d’un parti « rénové » qu’avait voulu (et que veut) apporter Elio le héros. Ainsi, dans son éditorial du 7 octobre 2005, Jacques Gevers, directeur de rédaction du Vif/L’Express, donnait cet avis édifiant : « Sous sa fine couche de paillettes, délicatement posée par Di Rupo et sa jeune garde, le PS rénové s’est craquelé. Laissant ressurgir du passé le vieux parti dominant, arrogant, parfois affairiste et peu regardant sur la morale, clientéliste et grand dispensateur de passe-droits, hypocrite et détournant l’argent public à des fins privées. » On ne peut pas nier le fait que la plupart des maux de la Wallonie découle en droite ligne de la manière dont plusieurs mandataires publics exécutent les tâches qui leur sont confiées.

N’est-il pas étonnant que la majorité de ces représentants appartiennent au PS ? On répondra que cela est dû à leur surreprésentation sur l’échiquier politique wallon…En effet, le PS contrôle tout bonnement l’appareil public et dirige les postes à haute responsabilité dans l’administration, les sociétés de logement ou les intercommunales. Dès lors que l’on sait que la surreprésentation au PS signifie corruption, passe droits, clientélisme, immobilisme, colonisation de l’Etat, politisation de la fonction publique, dysfonctionnement des institutions, déresponsabilisation…

La population wallonne n’aurait-elle pas le droit de marquer son veto à de telles pratiques ? C’est ce qui se passera inéluctablement aux prochaines élections communales d’octobre 2006 (les récents sondages ont déjà montré un net affaiblissement du PS à Mons et dans d’autres villes wallonnes) car de plus en plus de citoyens se demandent : Pourquoi une telle mainmise d’un seul parti sur un secteur aussi important de la vie économique et sociale

Cumuls et rémunérations…

Décidément, le cumul reste un « sport national ». Il est important d’en parler, car il est la source du mal wallon et la cause principale des scandales liés aux dysfonctionnements des logements sociaux. Le cumul empêche la saine gestion de l’Etat et du service public. En cumulant les fonctions, l’élu se crée par ailleurs un réseau de relations au niveau local, ce qui n’est jamais bon pour éviter le clientélisme. La question majeure demeure : Comment ces individus font-ils pour trouver le temps matériel d’exercer des activités qui imposent souvent une grande rigueur ?

Depuis 2001, une loi interdit le cumul d’un mandat de parlementaire (fédéral, régional ou communautaire) avec plus d’un mandat exécutif rémunéré. Mais pensez-vous ! Les élus ont trouvé des moyens de parer aux règles, et nombre de bourgmestres, par exemple, contournent la loi et prolongent leur mandat de président d’une intercommunale en se déclarant « directeur général » de celle-ci. Vers où va-t-on ? Est-ce bien normal de la part de représentants de faire défaut à ce point aux lois ?

En ce qui concerne les rémunérations, la limite de celles-ci ne s’applique pas à ceux qui cumulent une fonction parlementaire avec un métier dans le secteur privé ou avec une profession libérale. On peut donc considérer cette loi encadrant les rémunérations comme très superficielles. Une loi de transparence votée en 1995 n’a été mise en application qu’à partir du 12 août 2005. Depuis cette date, il est possible de consulter la liste des mandats de tous les élus. En vertu de la transparence, tous les élus sont tenus de déclarer leurs mandats et leurs patrimoines auprès de la Cour des comptes. Mais on dénombre plusieurs centaines d’élus refusant de déclarer leurs mandats. Ceux-ci devraient être tout simplement démis de leur fonction et au plus vite ! Comment est il possible de vouloir travailler dans le secteur public et de refuser de déclarer ses revenus ? Ceux qui rechignent à être transparents ont des choses à cacher et il n’y a aucune raison que les citoyens paient pour leur confort de parlementaire !

Trop d’impôt tue l’impôt et l’emploi!

Le problème réside dans le fait que les contrôleurs et les contrôlés se situent au même niveau, étant juges et parties à la fois. Les abus de biens sociaux révélés par le scandale de la Carolorégienne et de l’ICDI sont d’autant plus choquants et révoltant qu’ils émanent d’individus affiliés au seul parti dont la véritable raison d’être est (ou « devrait être ») de protéger les intérêts des plus faibles. Il faut que l’argent légué au gouvernement wallon et donc légué principalement au PS, revienne aux contribuables.

Ces scandales qui frappent Charleroi, où le Front national a remporté 16,8% des suffrages aux régionales de 2004 (et est en progression selon de récents sondages), représentent un risque d’une grande ampleur pour les prochaines élections d’octobre 2006. Le FN et ses divisions peinent sans doute à se structurer, mais les publicités propagandistes distribuées par le parti extrémiste dans les logements sociaux de Charleroi auront très certainement un grand impact auprès des populations dégoûtées lors des prochaines élections. La Wallonie est en péril. Les citoyens belges n’ont plus confiance, le pouvoir d’achat diminue drastiquement, une bipolarisation entre riches et pauvres s’accentue dangereusement et les politiques gardent toutes les cotisations pour eux !

Quelle est la solution concrète et objective à tous ces maux ? Tout d’abord, il faut limiter au plus vite la surreprésentation du parti dominant (PS) dans les intercommunales, les coopératives et autres ASBL. Dans un Etat de droit digne de ce nom, les élus ne devraient pas cumuler plusieurs fonctions en touchant des rémunérations qui proviennent entièrement des contribuables. Ceux-ci exigent un minimum de transparence et d’honnêteté ! Il est primordial de revenir aux bases de la Démocratie en privilégiant la participation individuelle des citoyens et non plus la représentation de ceux-ci par des despotes provinciaux. La prise en charge de l’Etat doit se réaliser à travers la Société Civile. La Belgique doit restée forte et les Belges unis.

Ensuite, il faut redonner une liberté d’action aux contribuables, qui représentent une majorité de citoyens en Belgique (5,8 millions) Qu’ils soient Flamands ou Wallons, riches ou pauvres, ceux-ci défendent des intérêts communs qui dépassent de loin les clivages linguistiques (communautaires), socio économiques et philosophiques.

Dans le cadre des scandales liés aux logements sociaux et à l’ICDI, les contribuables belges demandent impérativement une commission d’enquête nationale. Cette commission d’enquête aura pour but d’évaluer les dépenses injustifiées et de punir les fraudeurs. Comme le rappelle l’Association Belge des Contribuables, on ne peut plus voir dans le gaspillage de l'argent des impôts un simple délit. Ce type de crime doit être puni. Il faut traiter le gaspillage des deniers publics comme la fraude fiscale. Les deux nuisent à la solidarité commune. Dans cette optique, l’Association Belge des Contribuables reprend à son compte les revendications de l'Association des Contribuables d'Europe, qui exige pour les finances de l'UE et de ses Etats Membres, un cadre constitutionnel qui comporterait diverses lois visant à protéger les droits des contribuables, à contrôler les dépenses de l’Etat et à instaurer une taxe citoyenne.

Il est indispensable que l’argent « évaporé » soit restitué et redistribué au peuple afin qu’il en jouisse pleinement. Les impôts doivent être plus adroitement régulés. Rappelons nous les prescriptions de l’économiste français J.B. Say à l'égard de la fiscalité : « Lorsqu'il est poussé trop loin, l'impôt produit le déplorable effet de priver le contribuable de sa richesse sans même enrichir le gouvernement... » En effet, trop d’impôt tue l’impôt et l’emploi !


mesure d'audience